
Politique et pékèt : l’interview barquette de Jean-Claude Marcourt
En ce qui concerne la fonction, tout n’est pas nécessairemernt rose pour autant. Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et des médias et jusqu’il y a peu, Monsieur redressement de la Wallonie, Jean-Claude Marcourt est un réformateur dans l’âme et, par extension, un personnage polarisant. Plans Marshall à gogo, refonte des critères de réussite dans le supérieur, examen d’entrée en médecine… dans son sillage, les chantiers se multiplient. Pour le meilleur comme pour le pire ?
Il s’agit avant tout de s’inscrire dans la nouvelle manière de faire du commerce, même si dans ce cas-ci, ce n’est pas très écologique.
Les Liégeois sont d’habitude fiers, sauf lorsqu’il s’agit de l’économie. On en a souffert par le passé, mais aujourd’hui, nous avons de nouveaux secteurs qui émergent, ainsi que des héritiers de secteurs historiques qui ont réussi leur transformation comme CMI.
Les Liégeois, pas assez fiers ? Et qu’en est-il des Wallons ? C’est que Jean-Claude Marcourt est aussi un des fers de lance du régionalisme wallon. Pour le savoir, je lui tends naturellement un pékèt cuberdon.
Le Plan Marshall avait pour ambition de recréer de la confiance. Il fallait montrer des gens qui réussissent. Pas seulement professionnellement, mais des gens qui réussissent aussi leur vie.
Régler la pauvreté passe par l’éducation.
L’échec scolaire se joue au moment de l’inscription.
La politique, c’est extrêmement prenant, mais c’est un monde à part.
Sur le plan personnel, pas de conseils de guru, Jean-Claude Marcourt reste plutôt réservé. Pour clôturer l’interview sur une note de douceur et d’optimisme, je nous sers les deux dernier pékèts. Parfum Caraïbes : des rêves fous et un peu d’évasion.
On sous-estime encore la révolution dans laquelle nous sommes. Pas le passé, nous avons connu une première transformation de l’écrit vers le visuel, et aujourd’hui le digital. Les publicitaires en particulier délaissent de plus en plus les médias traditionnels, par exemple la télévision, pour sponsoriser du contenu sur internet, ce qui n’est pas sans répercussion. Il faut ajouter à cela le fait que pour le citoyen, les frontières semblent parfois floues entre ce qui relève du journalisme professionnel et ce qui est du ressorts d’autres types d’acteurs, comme les blogs ou les influenceurs.
On a toujours eu des ‘fake news’, mais on doit s’en saisir, car c’est la vie en commun qui en dépend.
Nous ne sommes plus dans une société de la réalité, mais de l’apparence. Aujourd’hui, la plausibilité suffit.
Le citoyen doit pouvoir se dire si la source est un journaliste professionnel, alors il s’agit d’une information de qualité en laquelle il peut avoir confiance. Un journalisme de qualité est possible, mais il faut insister sur l’exigence de la vérification des sources ainsi que prendre du recul, être moins dans l’immédiat.
Comment faire en pratique ?
Je ne suis pas le Rémy Bricka des médias, mais j’ai un idéal : la rigueur et la fiabilité. Actuellement, on doit pouvoir faire confiance, or l’appauvrissement de la presse fait qu’on va parfois dans l’autre sens. Aujourd’hui, les journalistes en viennent à tweeter leurs propres scoops, de peur de se les faire prendre. Un journalisme de qualité n’a jamais été plus important qu’à l’heure actuelle.
A titre personnel, je suis persuadé de l’avenir des médias locaux. Dans un monde de plus en plus globalisé, la différenciation est importante. Les gens veulent savoir ce qu’il se passe près de chez eux. Le vrai travail, c’est de le mettre en perspective.
Voilà qui est dit. Et vive Boulettes à la liégeoise. Santé !